La jupe de ma mère…

Le jour de leur mise en lumière, certains attachements sont plutôt surprenants.

Voici la révélatrice petite histoire vécue il y a quelques jours alors que j’appelais à l’inspiration pour mon propos de ce mois. Voyez comme le thème s’est magnifiquement présenté !

Dernière de famille, j’étais son «bébé». Et j’avais préservé un précieux lien de proximité avec maman. Lorsqu’elle nous a quittés il y a plus de deux ans, malgré un immense chagrin, j’ai vécu son départ avec sérénité, portée par la conviction qu’elle était simplement passée dans un autre plan d’existence. D’autant plus qu’elle avait aussitôt honoré le pacte que nous avions passé environ 30 ans auparavant : la première à partir viendrait chatouiller les orteils de l’autre pour lui signifier qu’il y avait réellement une continuité après la mort. Nombreux et sans équivoque dans les heures qui ont entouré son départ, ses signes ont été de véritables baumes sur ma douleur. À travers cela, j’ai également eu l’impression de «toucher» en quelque sorte cet «autre côté du voile» qui m’a toujours intriguée. Je la trouvais d’ailleurs bien chanceuse d’être dans cette perspective plus globale de la vie. Et dans ma compréhension, ce passage lui permettait d’accéder tellement plus librement à la lumière, elle..! J’avoue l’avoir enviée. Et voilà que certains des épisodes de deuil qui ont suivi m’ont révélée à de subtils attachements. Comme ce fut le cas tout récemment…

Je pressentais que ce qui se tramait au fond de moi depuis quelques jours était en lien avec ma mère. J’avais eu des indices éloquents et une simple pensée pour elle déclenchait un flot d’émotions que j’avais peine à contenir. Lorsque j’ai laissé émerger ce qui appelait si prestement à être rencontré, ce qui est monté m’a surprise et même, bouleversée. Remplie de mes meilleures intentions, j’avais effectivement «laissé partir» ma mère vers ces plans lumineux auxquels j’aspirais tant moi-même. Mais tout-à-coup, l’évidence : la partie manifestement envieuse de ma personnalité espérait y accéder par elle, avec elle. J’ai pris conscience que je m’étais accrochée à sa jupe !!!

Oh là-là… Que de déracinement ! Que d’égarement et… d’aisance, ma foi ! Je vous épargne ici les écorchures à mon ego surmontées de questionnements du genre «Aie-je ralenti sa course?». Mais je peux vous assurer que j’ai lâché prise ! À chacune son expérience, n’est-ce pas?

Et vous, à quel détachement êtes-vous invité?

ROSE ta vie!

 

Article publié le 8 novembre 2015 – ROSE Le webzine du féminin sacré

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